Syndicalisme ? Tous ensemble et en même temps

Publié le par réciprocités

Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant.(...) » H. Krasucki

Il y a dix huit mois, la plus grosse crise du système capitaliste s'abattait sur la planète. Depuis, le chômage, la précarité, la misère frappent des centaines de millions d'êtres humains supplémentaires. Mais ce n'est pas la crise pour tout le monde. A l'échelle planétaire, il y avait 700 milliardaires début 2009, un an plus tard il y en a 1100. En France, la presse patronale se réjouit : le CAC40 tient bon, 47 milliards de profits cumulés en 2009 dont 11 milliards pour les banques et assurances, les quatre grandes banques distribuent au titre des résultats 2009 deux milliards d'euros à quelques « traders », les patrons du CAC battent tous les records de salaire...

Pourtant, en France comme en Europe, le capital et ses gouvernements prennent prétexte de leur « crise » et des déficits publics creusés à coup de subventions et d'exonérations au profit des grandes entreprises pour lancer une nouvelle offensive anti-sociale. Au programme: le démantèlement progressif des systèmes de Sécurité Sociale et de retraites, la diminution drastique des salaires, la mise en place de nouvelles taxes, et l’attaque contre le Code du travail.

En Grèce ou au Portugal, ces plans sont déjà en partie rendus publics, en France, ils vont l'être une fois passé le choc des élections régionales.

Ces mesures sont présentées comme liées à la crise mais elles ne sont que l'étape supplémentaire d'une longue suite de régressions sociales,(...)

En France, cela fait d'ailleurs des années maintenant que des mouvements sociaux de grande ampleur se développent : 2003, 2005, 2006, 2009... Mais ils ne parviennent pas, malgré l'ampleur des mobilisations, à déboucher sur un rapport de force contraignant le pouvoir à reculer.

Pourquoi ?

Il faut se tourner vers ceux qui ont la responsabilité de la direction des luttes et qui prétendent incarner le syndicalisme français ou le syndicalisme européen.

Concernant ce dernier, la Confédération Européenne des Syndicats (CES), financée largement par l'Union Européenne, ne fait pas mystère de sa ligne de conduite : la société n'est pas divisée en classe mais en groupes divers entre lesquels il faut assurer l'harmonie par le dialogue entre « partenaires sociaux » permettant

de construire un capitalisme à visage humain basé sur la régulation des marchés. Refusant le rapport de force, elle a accompagné toutes les régressions au cœur du projet européen depuis des décennies(Constitution européenne, stratégie de Lisbonne...), mettant en avant des « revendications » compatibles avec les intérêts du patronat(...).

La CES est par ailleurs devenue la branche Europe de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) née en 2006 de la fusion de la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres mise en place par la CIA) et la CMT (Confédération Mondiale du Travail créée par le Vatican au début des années 20 pour s’opposer au syndicalisme rouge).

En France, les directions des 5 confédérations non seulement appartiennent toutes à la CES mais participent activement à sa direction. (...)

On trouve ici la véritable nature du syndicalisme rassemblé dont se réclament les états-majors syndicaux : non pas un syndicalisme rassemblé à la base autour des revendications et des intérêts des travailleurs, mais un syndicalisme rassemblé au sommet dans l'accompagnement du système capitaliste.(...)

C'est ainsi qu'on assiste année après année à la même suite de journées d'action dispersées comme ce fut encore le cas en 2009 et comme on s'apprête à le revivre en 2010 si on laisse à Chérèque et à ses alliés le soin de diriger les luttes populaires.

Mais il ne s’agit pas seulement de constater que ces forces sont incapables d’organiser la résistance populaire. (...)

Il faut en finir d'appeler les syndicats et les patrons des partenaires sociaux. Entre les milliardaires du CAC 40 et le monde de travail, il n'y a pas de partenariat mais des rapports de classe.(...)

Le texte complet sur   www.frontsyndical-classe.org

 

 

Publié dans Débats

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